Documenter un projet ne signifie pas seulement raconter ce qui a été réalisé une fois celui-ci terminé. Une bonne documentation peut permettre à un enseignant ou à une classe d’un autre établissement de comprendre comment un projet a été mené, avec quels outils, quelles étapes, quelles difficultés et quels ajustements. Elle peut donner envie d’essayer à son tour, permettre de gagner du temps ou simplement fournir un point de départ pour imaginer autre chose.
Elle permet aussi de rendre visibles des choses que l’on raconte moins souvent : les essais, les erreurs, les changements de direction, les solutions trouvées collectivement. Autrement dit, tout ce qui fait partie de l’apprentissage mais disparaît souvent lorsque l’on ne montre que le résultat final.
Faire de la documentation une activité à part entière
La rencontre du réseau au Faire Festival, en mai dernier à Toulouse, nous a donné une première piste.
Pendant cette journée, les élèves des lycées Aristide Bergès et Norman Foster ont été invités à documenter l’événement. Répartis en équipes mixtes, ils sont partis à la rencontre des participants, ont réalisé des interviews, enregistré des sons, pris des images et produit leurs propres récits de la journée.
La documentation n’était alors plus seulement une trace produite après coup : elle faisait pleinement partie de l’expérience.
Observer, choisir ce que l’on souhaite raconter, poser des questions, enregistrer, photographier, sélectionner, monter, expliquer à d’autres… Autant d’activités qui mobilisent elles-mêmes de nombreuses compétences.
Un chantier collectif pour cette nouvelle année
C’est cette réflexion que nous souhaitons poursuivre avec le réseau des Labdap en 2026-2027.
Quels projets méritent d’être documentés ? Quelles informations sont réellement utiles pour quelqu’un qui n’a pas participé au projet ? Faut-il privilégier le texte, l’image, la vidéo, le son ? Comment produire des formats suffisamment simples pour que la documentation ne devienne pas une contrainte supplémentaire ? Et quelle place les élèves peuvent-ils prendre dans ce travail ?
Ces questions seront au cœur de nos prochains temps de travail avec les établissements.
L’objectif n’est pas de définir immédiatement un modèle unique, mais au contraire d’expérimenter différentes manières de documenter, avec les enseignants et les élèves, pour identifier progressivement les formats qui fonctionnent et qui donnent envie d’être utilisés.
À terme, Labdap.net a vocation à devenir aussi cet espace de ressources : un endroit où l’on peut découvrir ce qui se fait ailleurs dans le réseau, comprendre comment un projet a été construit et, pourquoi pas, s’en saisir pour le transformer et l’adapter à son propre contexte.
Car documenter, c’est aussi cela : faire en sorte qu’une expérience menée quelque part puisse devenir le point de départ d’une nouvelle expérience ailleurs.
